Comment gérer la logistique d’une partie de jeu de rôle à distance ? (2/3) Le jeu de rôle en confinement – partie 5

, par  Laurent , popularité : 3%

Quel logiciel est le plus indiqué pour un jeu de rôle à distance ? Comment gérer les jets de dés ? Et pour les cartes, les plans et les illustrations présentées par le meneur de jeu (MJ), comment ça s’organise ? Durant l’épisode précédent, nous avons fait le tour des outils spécialisés du marché.

Dans cette note, nous regardons en détail si des outils classiques de visioconférence n’étaient pas plus indiqués pour nos parties de jeux de rôle en ligne ?

Les outils de visioconférences classiques

Le principal critère qui m’intéresse et que je retiendrai est une expérience optimale sur un ordinateur de bureau [1]) et qu’elle ne soit pas réservée à un seul écosystème [2] ; tout en ne fermant pas la porte à l’utilisation d’une application mobile [3].

  • Skype
    Ce logiciel représente la solution de facilité. Il est présent sur toutes les plateformes (Linux, Android, Mac, iOS, Windows...). Il faut un compte, mais tout le monde a un jour gravité dans la galaxie Microsoft et possède un compte. Ne serait-ce un vieux compte MSN (nostalgie du Wizz) datant d’avant l’engouement des FB Messengers, Whatsapp, Telegram et autres Signal [4].
    Problèmes : l’appli est vieillissante et n’est plus vraiment remise au goût du jour car Microsoft mise tout sur son nouveau joyau : Teams.
  • Skype for business
    La version pro de Skype et héritier de Lync est un cran au dessus, mais réservé aux utilisateurs d’Office365. De la même manière que Skype grand public, l’arrivée de Teams va vite rendre Lync/Skype for business obsolète.

  • MS Teams
    Voulant concurrencer dans le même temps Slack et Zoom tout en s’interfaçant avec Outlook, SharePoint et Office365, la solution Teams est vraiment ce qui se fait de mieux et de plus puissant sur le marché. On peut s’y connecter avec une application pour ordinateur ou téléphone, aussi bien que via un navigateur. Le tout repose le cloud Azur de Microsoft. Donc, pendant le confinement, nous étions sûr que les serveurs tiendraient la charge.
    Malheureusement, Teams est réservé aux comptes professionnels et la licence n’est pas donnée. L’avantage de Teams est que l’on peut inviter des personnes qui ont un compte Windows classique sans que ceux-ci aient besoin de licences. Et puis, Teams évolue et on pourra bientôt se connecter à une webconf’ avec un lien sans besoin d’avoir un compte (si ce n’est avec le compte de celui qui invite). Ce n’était pas encore le cas au début de confinement.
    J’ai fait quelques tests, plutôt concluants : webcam, tableau blanc, levé de main, partage d’écran, partage de fichiers, canaux de discussions, etc. Mais je ne me voyais pas jouer au jeu de rôle avec mon compte professionnel.
  • Google Meet
    Encore une très bonne solution qui s’intègre parfaitement à l’écosystème Google et Gmail. Il est utilisable depuis un navigateur. Il faut un compte Google. Qui n’a pas de compte Google en 2020 ? Et bien, il doit bien y avoir quelques personnes, car il est possible d’inviter des personnes qui n’ont pas de compte, juste avec un code de connexion.
    Cela aurait pu être le gros concurrent de Zoom s’il n’avait pas été payant et réservé aux clients pro de Google, titulaires d’une licence G Suite. Il est devenu gratuit par la suite et a été intégré à Gmail, mais ce fût trop tard pour nous. Au début du confinement, il nous était inaccessible.
  • Zoom
    C’est la star du confinement. Comme les 40 premières minutes étaient gratuites et que l’on pouvait se connecter à un nombre conséquent d’utilisateurs, Zoom a piqué des parts de marché à un grand nombre d’acteurs du secteurs (Skype, Webex, GoToMeeting [5]...). 40 minutes de jeu, ce n’était pas assez pour nous. D’autant que à l’époque, il était connu pour être un véritable gruyère sécuritaire et que les données personnelles personnelles des utilisateurs étaient répandues à tout vent.
  • Jitsi Meet Ah ! Enfin une solution intéressante ! Avec cette solution :
    • Il n’y a pas besoin d’un compte.
    • C’est gratuit.
    • Il n’y a pas besoin d’installer quoi que ce soit sur son ordinateur.
    • Tout fonctionne avec un navigateur.
    • Pas de données refilées à un GAFAM ou à des pourvoyeurs de publicités en ligne.
    • Il existe aussi une application pour ordiphone qui est compatible avec toutes les instances.

Cette solution est particulière car il ne s’agit pas d’un service de web-conférence proprement dit, mais d’un logiciel qui s’installe sur son propre serveur web. Dois-je installer une instance [6] Jitsi sur www.acadamia.org ? Ça aurait de la gueule mais vu les performances de mon serveur mutualisé, je doute que l’expérience utilisateur eut été extraordinaire. Comment faire pour trouver un serveur qui tienne la route à un moment où tout le monde fait de la téléconférence en même temps ?


Notre choix final

Nous avons eu du mal à arrêter notre choix. Cela n’a pas été naturel tout de suite. Nous avons d’abord testé le serveur (ou instance) Jitsi de mon hébergeur Ouvaton ce qui s’est avéré catastrophique en plein confinement. Il n’était pas au rendez-vous à cause de l’affluence ou de la taille limité de leurs serveurs. Heureusement que je n’ai pas installé Jitsi sur mon propre serveur web.

Ensuite, par dépit nous avons utilisé Skype qui, as expected, nous a déçu dans ses fonctionnalités et qui, lui aussi, était saturé.

Donc, nous sommes retournés vers une autre instance Jitsi, celle de Framatalk [7]. Mais elle était hors service à cause de l’affluence.

Un rapide test de MS Teams (cf. les conclusions plus haut).
Un test de l’instance Jitsi de Scaleway (le cloud de Free) très efficace, mais officiellement réservé gratuitement, pendant le confinement, aux personnels de l’Éducation nationale [8].

Donc en toute bonne conscience, nous sommes revenus à l’instance principale de Jitsi Meet, celle des développeurs de la solution [9]. Je venais de la tester pour des parties de jeux de société avec un autre groupe de joueurs. Au début du confinement, c’était laborieux. Ainsi, pour nos parties de jeux de rôles, je ne voulais pas passer par eux car avec le confinement plus l’éloignement des serveurs situés outre-atlantiques, cela aurait augmenté le temps de latence. Cette crainte n’était pas fondée car cette solution s’est trouvée être la plus efficace que les autres pour nos séances de jeu de rôles en ligne.

Le choix final a été d’utiliser Jitsi Meet pour toutes les séances de jeux par la suite.

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Et vous ? Avez-vous un jour essayé l’une de ces plateformes ? La quelle auriez-vous choisie ? Et mes joueurs ? Comment avez-vous trouvé la connexion ? Laissez vos commentaires ici.

[1Donc exit les logiciels de messagerie instantanées réservés aux ordiphones.

[2Donc, exit Duo, exit Facetime...

[3Car, nous le verrons dans l’article suivant, je me sers d’ordiphones comme webcam d’appoint.

[4Pour ceux que ça intéresse, la seule messagerie sur laquelle je suis, c’est Signal, pour la raison que j’évoquerai peut-être dans un futur article.

[5Cisco Webex, GoToMeeting, BlueJeans et consorts ont été écartés d’offices dans ma sélection car payants ou avec une version freemium trop peu intéressante, en temps ou en nombre de connexions simultanées, pour notre besoin.

[6Instance. C’est comme ça qu’ils appellent un serveur sur lequel on installe Jitsi.

[7Framatalk dépend de Framasoft, une association à but non lucratif qui défend les logiciels libres.

[8Scaleway est une solution cloud professionnel de la société Iliad, qui possède Free. Pendant le confinement, ils ont ouvert pleins de services gratuitement afin de vanter leurs services. Notamment l’excellente application libre de Classe Virtuelle : The Big Blue Button que l’on pouvait ouvrir gratuitement sur Scaleway.

[9Jitsi Meet a l’intérêt secondaire de proposer un pont de conférence téléphonique en sauvegarde au cas où l’Internet est défaillant.