Des Hommes et des Dieux

, par  Laurent , popularité : 10%

Retour timide sur ce blog après plus de deux mois d’absence et de temps qui file entre les doigts sans qu’on n’en maîtrise le débit. Mais votre patience est un peu récompensée, car voici un premier article concernant certaines occupations que j’ai eu durant ce laps de temps.

J’ai vu le film Des Hommes et des Dieux et je vous en parle.

« Je l’ai dit : Vous êtes des dieux, des fils du Très-Haut, vous tous !
Pourtant, vous mourrez comme des hommes, comme les princes, tous, vous tomberez ! »

Que c’est-il passé dans le monastère de Tibhirine en 1996 quelques mois, ou quelques semaines avant leur enlèvement par le GIA [1] pendant la Guerre civile Algérienne ? Quel était l’état d’esprit de ces prêtres dont la vie était vouée à l’entraide et à la dévotion et qui ont fini en martyr ?

C’est à ces questions qu’a tenté de répondre le réalisateur Xavier Beauvois. Le film qui a été récompensé à Cannes par le Grand Prix du Jury retrace la vie de ces moines cisterciens dans les montagnes de l’Atlas.

Certes, le film raconte le rythme de la vie monastique. Et la mise en scène recrée bien l’ambiance du recueillement. Plutôt lente et contemplative, il vaut mieux avoir fait la sieste avant de venir voir le film. Toutefois, cet écueil passé, l’ambiance est au rendez-vous. Petit à petit, nous entrons dans le quotidien des personnages.

Ainsi, au fur et à mesure que les évènements du monde extérieur font irruption dans la vie du monastère, nous sentons l’angoisse monter chez les moines. À chacun d’eux alors de se positionner par rapport au risque et, par rapport à leur Conscience. Les questions existentielles de ces moines et de leur entourage sont merveilleusement bien rendus, jusqu’à l’apothéose finale où la majesté de la mise en scène rend parfaitement l’émotion qu’on imagine que ces moines ont vécus à l’approche de la fin.

Sans faire sortir les violons et autres procédés mélodramatiques, ce film rend à merveille l’émotion et la réflexion que de simples hommes peuvent avoir sur la foi, la peur, la vie et la mort. Mais aussi sur leur propre importance vis à vis leur environnement et le reste du monde. Ces moines vont devenir des martyrs, pourtant, outre les rites, aucunement le film n’avance un jugement de valeur sur la religion quelle qu’elle soit. Ici, on est loin de tout prosélytisme. Au contraire, c’est une forme d’œcuménisme qui est prôné.

En bref : Malgré ses longueurs, Des Hommes et des Dieux est une petite merveille. Et si vous vous attendiez à ce que je dépare de l’ensemble de la critique, et bien ce n’était pas sur ce film qu’il fallait miser.

[1GIA = Groupe Islamiste Armé.