Parties tests

, par  Laurent , popularité : 10%

En quittant momentanément mon groupe de joueurs habituel, j’ai testé deux nouveaux jeux de société. Il s’agit d’Industry édité chez Ystari depuis septembre et du Secret de Monte-Cristo édité chez Filosofia depuis aujourd’hui.

Donc, voici pour une fois un article qui est une exclusivité ! Car, en effet, je suis au top de l’actualité ludique : Le Secret de Monte-Cristo est un jeu qui est disponible depuis aujourd’hui seulement dans les boutiques spécialisées !

Industry

Je commence par le jeu édité dans la gamme Ystari Vintage : Industry. Comme tout bon jeu Ystari, il s’agit d’un jeu calculatoire où le hasard est peu présent. Industry est la réédition en français d’un jeu allemand sorti en 2003 sous le doux nom d’Industria.

Industry vous propose de développer votre empire industriel et capitaliste depuis le tout début de l’ère industrielle, jusqu’à l’ère informatique.

Cinq générations, donc, vont être disponibles à l’achat par les joueurs au fur et à mesure de l’avancé dans le temps. Durant ces ères, les joueurs pourront acheter des usines (environ 8), des technologies (en général 2) ou des cartes bonus de matière première (2).

Pour acheter ces choses, on utilise un système d’enchères. Un maître priseur (un joueur choisi au hasard au début de la partie) choisit ce qui est mis à la vente et chacun se détermine dans cette vente en fonction de son pécule et des biens qu’il possède déjà. Quand un joueur achète, il donne son argent au maître priseur. Le maître priseur peu préempter un achat à condition de mettre le même pris que la plus forte enchère. Mais il perd son rôle de maître priseur. Les sous de cette vente sont répartis aux autres joueurs.

Une fois achetée, une usine ou une technologie doit être activée. Il faut donc encore des sous. L’activation d’une usine ou d’une technologie permet en fonction de celle-ci soit de gagner des points de victoire, soit de produire des matières qui seront nécessaires à l’activation d’usines ou de technologies des ères futures.

Le gagnant est celui qui aura le plus de points de prestige quand toutes les ventes aux enchère seront terminées.

Nous sommes donc en présence d’un jeu d’enchères qui parait simple. Mais attention, le choix des usines ou des technologies à acheter se complexifie quand on sais que celles-ci sont reliées les unes aux autres par une série de connecteurs qui vont jouer un rôle de multiplicateur.

Par exemple, si j’ai deux usines reliées par une pipeline, j’ajoute 1 point de prestige. C’est un point de prestige par connexion (pipeline, ligne électrique, rivière, voie ferrée, route...). Et si je possède une station de pompage relié à mon réseau, je multiplie par deux ces points gagnés (par 4 si j’ai deux stations, etc.).

Mon avis :

Industry est un bon petit jeu d’enchère et de placement. Il colle bien à l’image des jeux à l’allemande et des jeux de la gamme Ystari. Plaisant à joué, les parties ne sont pas trop longues, les neurones s’échauffent et les enchères installent une certaine ambiance autour de la table. J’ai beaucoup aimé, si ce n’est le plateau illisible tant il est saturé d’informations et pas très beau à voir. Il me semble que celui du jeu d’origine était beaucoup plus esthétique. Il manque peut-être au plateau de jeu quelques icônes permettant de rendre un peu plus lisibles certaines connexions.

J’y rejouerais avec plaisir. D’autant qu’avec une seule partie au compteur, j’ai l’impression d’être loin d’avoir fait le tour de ce jeu.

Le secret de Monte-Cristo

Le secret de Monte-Cristo est un jeu très récent édité chez Filisofia. Nous sommes en présence d’un jeu de majorité comme habituellement je les affectionne qui pourrait se placer dans la famille de El Grande ou Mykerinos.

Ici, il faut envoyer le maximum de pions dans les tours du Château d’If où se trouvent des gemmes de valeur différentes. Être majoritaire dans la tour permet de récupérer une gemme d’une valeur supérieure à celles de ses adversaires lors des décomptes et ainsi rapporter le plus de points possibles.

Le marketing en place sur des sites tels que Tric-Trac tentera de nous montrer que le côté révolutionnaire du jeu c’est dans la gestion de l’ordre du tour. Le système est certes novateur, mais reste anecdotique. C’est une boule de la couleur du joueur qui glisse le long d’un « boulier » qui indique lorsqu’elle est en bas quel est le premier joueur de la phase en cours.

Il y a une phase qui permet de recruter et d’équiper ses bonhommes, une phase qui permet de les placer dans les tours et une phase qui permet de tirer les diamants que l’on placera également dans les tours. Enfin, l’une des phases les plus importante du jeu, celle qui permet de modifier la place d’une boule ou la valeur des gemmes.

Comme au jeu Le collier de la Reine, les gemmes ont des valeurs qui peuvent changer au cours de la partie. Quand une tour contient au moins quatre gemmes, on déclenche un décompte dans lequel les joueurs majoritaires dans ces tours peuvent gagner des points. Le jeu s’arrête quand l’un des joueurs atteint 40 points.

Mon avis :

Il s’agit d’un bon jeu, à l’allemande et à la mécanique bien ciselée. Chaque choix est lourd de conséquence. C’est le genre de jeux que j’aime bien.

Il a toutefois deux écueils. D’une part, ce jeu est assez sec. Ainsi, pour le dynamiser un peu il aurait été souhaitable de le rendre un chouia moins long. Mais ça, c’est une pouillerie. Mon deuxième bémol m’apparait plus important : le thème est artificiellement plaqué et complètement inadapté. Pourquoi avoir voulu reprendre l’idée saugrenue que Edmond Dantès, soit revenu au Château d’If pour y planquer son trésor ? Avec un jeu comme ça, le thème de la ruée vers l’or, par exemple, aurait été beaucoup plus fun et plus approprié. C’est un détail, mais ça joue pour permettre l’immersion dans le jeu.

En bref :

Ces deux jeux ne vont pas révolutionner le paysage ludique, mais sont de très bons jeux pour « poussipionneurs » avertis.